
Recrut : « Comment se porte l’apprentissage aujourd’hui ? »
Jean-Paul Huchon : Je peux vous répondre que l’apprentissage se porte bien. Nous avons fait, nous en Région Ile-de-France, beaucoup d’efforts en ce sens.
En 1998, au début de ma première mandature, nous avions 55 000 apprentis et pré-apprentis en Ile-de-France.
Ils sont aujourd’hui plus de 62 000 à préparer des diplômes allant du CAP aux BAC+5. Cette progression est d’autant plus méritoire qu’au niveau national le nombre d’apprentis a stagné.
En six ans, nous avons fait progresser le budget consacré à l’apprentissage de 127 à 180 millions d’euros.
Nous souhaitons poursuivre notre action dans les 6 ans à venir car le développement de l’apprentissage, qui est pour nos jeunes une voie d’excellence vers l’emploi, est une priorité.
Recrut : « Quel rôle joue la Région dans le domaine de l’apprentissage et va-t-elle créer de nouvelles aides pour encourager les jeunes à entrer dans cette voie de formation ? »
J-P.H : : La Région a choisi, depuis des années déjà, d’aller au delà d’un simple subventionnement des CFA.
Elle a financé le développement de l’apprentissage, en mobilisant les énergies de tous ses acteurs les CFA, les organisations professionnelles,… pour améliorer les conditions d’études par le développement de la démarche qualité, la formation initiale et continue des formateurs.
Elle a également mis en place des aides destinées à faciliter le quotidien des apprentis dans le domaine de la restauration, de leur équipement professionnel et l’acquisition des livres... En outre, elle incite les apprentis à effectuer des stages à l’étranger, encourage leur mobilité internationale.
Enfin, elle tâche de favoriser le développement culturel et l’épanouissement des apprentis en leur facilitant l’accès à la culture en leur proposant, par exemple, de s’engager dans l’écriture et le jeu de sketch théâtral dans le cadre de la manifestation PUB SUR SCENE.
Afin de donner une chance au plus grand nombre, il s’avérera peut-être nécessaire de développer encore davantage le dispositif d’accès à l’apprentissage qui permet à des jeunes, rencontrant des difficultés pour signer un contrat, d’avoir un accompagnement adapté ».
Recrut : « Les entreprises restent-elles nombreuses à s’engager dans l’apprentissage? »
J-P.H : : L’apprentissage, dans notre esprit, repose sur trois pôles : l’apprenti, le CFA, l’entreprise.
Pour ce qui est de ces dernières, je dirai que c’est à la Région, aux côtés des organisations professionnelles et des chambres consulaires, d’en convaincre toujours davantage de signer des contrats d’apprentissage.
Nous avons mis pour cela en place un réseau d’une cinquantaine de développeurs de l’apprentissage qui vont démarcher de nouvelles entreprises.
Il faut faire preuve de pédagogie, expliquer aux directeurs de ressources humaines quel est leur intérêt à intégrer des apprentis : dans plus de la moitié des cas, leurs apprentis seront leurs futurs collaborateurs, des jeunes immédiatement opérationnels. Avec un tel argumentaire, on se fait vite comprendre.
Recrut : « 400 000 jeunes sont au chômage en France. Jusqu’ici, le choix de l’apprentissage a-t-il fait ses preuves face à la conjoncture économique ? »
J-P. H : « Nous avons 58 000 jeunes de moins de 25 ans au chômage en Ile-de-France. La crise économique que nous traversons depuis la fin de 2001 n’a fait qu’aggraver les choses en ce domaine. La Région, je l’ai dit pendant ma campagne, prendra ses responsabilités.
Nous soutenons la formation, nous soutenons les activités créatrices d’emploi, et nous voulons, cela concerne directement l’apprentissage, une école de la réussite pour tous.
L’objectif est d’augmenter significativement le nom-bre d’apprentis d’ici 2010. Pourquoi ? Je l’ai dit et je le répète : l’apprentissage est une voie d’excellence vers l’emploi.
Malgré la crise, les trois quart des apprentis trouvent un emploi correspondant à leur qualification dans les six mois qui suivent leur fin de formation.
Recrut : « Le contrat de professionnalisation va remplacer le contrat de quali-fication. Concrètement, quels changements cela va-t-il apporter ? »
J-P. H : Nous n’avons jamais eu pour habitude d’échapper à nos responsabilités. Nous ferons donc en sorte que cette transition soit la plus profitable à tous.
Il a été souvent dit que le contrat de qualification et le contrat d’apprentissage se faisaient concurrence. Or, avec la réduction du quota des heures de formation dans le contrat de professionnalisation (de 25 à 15%) il est probable que la signature d’un contrat d’apprentissage pourra sembler plus attractive aux jeunes désirant préparer un diplôme.
La Région doit donc être attentive aux comportements des jeu-nes et se préparer éventuellement à rapidement réagir à une augmentation des effectifs d’apprentis.
Ce sont des évolutions auxquelles nous sommes prêts à répondre .
Recrut : « Quel message aimeriez-vous faire passer aux jeunes qui hésitent à s’engager dans cette voie ? »
J-P. H : Qu’ils n’hésitent pas ! Il existe une formule d’apprentissage pour tout profil et tout niveau de qualification.
L’apprentissage prépare à un peu plus de 800 métiers et il ouvre sur des diplômes allant du CAP au diplôme d’ingénieur en passant par les BAC Pro, les BTS.
Je crois qu’un jeune qui souhaite une insertion professionnelle rapide et efficace, une qualification solide, tout en s’ouvrant à la réalité du monde du travail, a tout intérêt à se poser la question de son entrée en apprentissage.
Pour répondre à leurs questions, j’ai mis une permanence téléphonique en place, le 0810.18.18.18, qui leur donnera toutes les informations et conseils utiles.
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