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Graphologie : la plume au service de l’emploi

05/11/2020

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Non, les yeux ne sont pas le miroir de l’âme. Pour les deux prêtres français qui fondèrent la graphologie au XIXème siècle, c’est l’écriture qui remplit ce rôle ; car derrière les boucles de nos lettres se cachent nos motivations, notre sensibilité, notre dynamisme et notre rigueur.

Autant de traits de caractère que les managers aimeraient pouvoir déceler chez les candidats, afin de réduire la part d’imprévisible dans le processus de recrutement. Et si, par la graphologie, les lettres de motivation se montraient plus bavardes que prévu ?

Le cœur au bout des doigts

Nous apprenons tous à écrire de la même façon et pourtant, une fois arrivés à l’âge adulte, il n’est pas deux écritures semblables : plus ou moins lisibles, plus ou moins rondes, plus ou moins penchée… C’est donc la preuve que nous mettons tous une petite part de nous dans ce que nous écrivons, aussi bien dans le fond que dans la forme. La graphologie est précisément l’étude qui prétend déceler dans nos traits de plume les petites miettes d’inconscient que nous y laissons.

èGraphologie : méthode d’approche de la personnalité qui s’appuie sur une observation rigoureuse de l’écriture. L’interprétation se fait par analogie.

Afin de mettre fin à toute caricature, il convient de préciser qu’il ne s’agit pas de voir de la timidité dans une barre de T trop courte, mais plutôt d’envisager l’écriture comme un processus global, un encéphalogramme traduisant notre rythme personnel. Avons-nous un goût pour la répétition ou la variété ? Notre concentration est-elle efficace lorsqu’elle est maintenue ou fractionnée ? Autant de questions que les graphologues pistent dans le tracé plus ou moins régulier de nos lettres, leur taille et leur inclinaison.

On comprend alors comment la graphologie, d’abord imaginée comme un outil de connaissance psychologie, a pu s’inviter sur le terrain de la carrière. En effet, à tout âge, elle prétend offrir un aperçu en profondeur de la personnalité, y compris ses ressorts les plus cachés. C’est pourquoi elle est souvent utilisée par les coachs et professionnels de l’orientation pour dresser des bilans de compétences dans le cadre d’orientation ou de reconversion professionnelle.

Graphologie et recrutement, une spécificité française

On le sait peu, mais les entreprises françaises sont les plus grandes consommatrices d’expertise graphologique au monde. Une adhésion qui s’explique sans doute par l’histoire de cette spécialité, inventée à la fin du XXème siècle par un moine français. Malgré un repli sensible, autour de 70 % des entreprises y auraient encore recours pour faciliter le processus de recrutement.

Reste que son utilisation a quelque peu évolué. Si, auparavant, l’analyse graphologique était demandée dès le début du processus de recrutement (notamment pour tirer les lettres de motivations), elle n’est aujourd’hui utilisée qu’à l’issu de l’entretien, dans le cas d’une hésitation entre deux candidats. Les recruteurs insistent : il s’agit d’un outil complémentaire mais non décisionnaire.

Pour nos lecteurs choqués de s’imaginer jugés sur leur calligraphie, sachez que si la graphologie n’est pas explicitement reconnue par l’Etat, elle est tolérée par le droit du travail qui stipule que « les méthodes et techniques d'aide au recrutement ou d'évaluation des candidats à un emploi doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie. 

Les résultats obtenus sont confidentiels. Le candidat à un emploi est expressément informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d'aide au recrutement utilisées à son égard » (article L. 1221-8 - Code du Travail). Un article qui sous-entend deux choses essentielles : vous devez être clairement mis au fait de l’évaluation graphologique, qui ne peut porter que sur l’adéquation de votre profil avec le poste, et non pas sur des traits généraux de votre personnalité.

Bien souvent, cependant, l’analyse graphologique est officieuse.

Le candidat n’est pas informé de cette évaluation, que les recruteurs sont rares à assumer faire passer. En effet, malgré son apparente popularité, la graphologie n’a pas toujours bonne réputation.

Bannie des pays anglo-saxons, elle est souvent comparée à l’astrologie, avec laquelle elle partage un sens de la description généraliste applicable à quiconque souhaite s’y reconnaître. D’autres fondent leur méfiance sur l’injustice qui consiste à classer les candidats selon une évaluation purement psychologique.

Pour décider si je suis à même de diriger une équipe, le mieux ne serait-il pas de me mettre en situation, et non pas de juger de l’espacement entre mes mots ? Une critique auxquels les recruteurs répondent par le faible coût de cette évaluation, qui peut être menée n’importe quand puisqu’elle ne nécessite pas la présence du candidat (contrairement aux mises en situation). De plus, l’analyse graphologique n’est utilisée que pour valider ou démentir une impression ressentie par le manager lors de l’entretien d’embauche. Entre les antis et les adeptes, le débat persiste. Malgré tout, la France reconnaît la graphologie comme outil d’évaluation professionnelle valide depuis le 28 novembre 2001, date de sa publication au Journal Officiel.

Reste que les professionnels tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme : la graphologie risque de disparaître, et non pas sous les coups de ses détracteurs. En effet, cette technique souffre aujourd’hui de l’uniformisation et digitalisation des pratiques de recrutement.

En effet, la volonté d’imposer un CV anonyme et la banalisation de la candidature par mail ont aboli le passage systématique à l’écriture pour entrer en contact avec le recruteur. Ce recul de l’intérêt porté à l’écriture a d’ailleurs des conséquences dans les rangs des graphologues, qui voient le nombre d’élèves en formation chuter. 

Si le Syndicat des graphologues professionnels estime que 70 % des entreprises font appel à eux (on les croit, ou pas), ce chiffre était de 90 % il y a vingt ans seulement.

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